Un dégât des eaux qui s’étend, un cambriolage au retour des vacances, une toiture arrachée par la tempête : après un sinistre habitation, deux questions reviennent toujours.
Qui prévenir en premier, et combien de temps reste-t-il pour le faire ?
La réponse tient en quelques repères simples. Vous appelez votre assureur ou votre courtier, dont les coordonnées figurent sur votre contrat.
De plus, vous disposez en règle générale de cinq jours ouvrés, deux jours seulement pour un vol, et trente jours en cas de catastrophe naturelle reconnue.
Voici le détail, vérifié au regard du Code des assurances et des sources officielles.

L’essentiel en un coup d’œil
Avant d’entrer dans le détail, ce tableau résume les délais légaux selon la nature du sinistre habitation.
Tous s’expriment en jours ouvrés et démarrent au moment où vous prenez connaissance des dégâts.
| Sinistre habitation | Délai de déclaration | Point d’attention |
|---|---|---|
| Dégât des eaux | 5 jours ouvrés | Constat amiable si un voisin est touché |
| Incendie | 5 jours ouvrés | Inventaire des biens détruits à fournir |
| Vol, cambriolage, tentative | 2 jours ouvrés | Dépôt de plainte préalable obligatoire |
| Tempête, bris de glace, dommage électrique | 5 jours ouvrés | Photos et devis recommandés |
| Catastrophe naturelle | 30 jours | À compter de l’arrêté publié au Journal officiel |
Qui appeler en cas de sinistre habitation ?
L’ordre des appels compte autant que leur contenu.
La sécurité passe avant la paperasse, et chaque interlocuteur a un rôle précis dans la chaîne de prise en charge.
Les numéros d’urgence en cas de danger immédiat
Lorsque le sinistre menace des personnes, les secours priment sur tout le reste.
- Composez le 18 pour les sapeurs-pompiers,
- le 112 depuis n’importe quel pays européen,
- le 15 pour le Samu si quelqu’un est blessé.
En cas de cambriolage ou d’agression, appelez le 17 afin de joindre la police ou la gendarmerie.
Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent envoyer un message au 114, gratuitement.
Ces appels permettent de stopper le danger et de faire constater les faits, deux éléments utiles pour la suite du dossier.
Votre interlocuteur principal : l’assureur ou le courtier
Une fois la situation maîtrisée, c’est la compagnie qui gère votre contrat qu’il faut contacter.
Vous devez vous adresser à votre assureur ou au courtier qui suit vos garanties.
Leurs coordonnées sont rappelées sur vos quittances, dans votre contrat, sur votre espace client en ligne ou via l’application mobile de la compagnie.
En effet, conserver ces références à portée de main fait gagner un temps précieux le jour où survient un incident.
Le numéro de votre contrat sera demandé dès le premier échange.
L’assistance et le dépannage d’urgence
Certaines situations réclament une intervention rapide, avant même l’expertise.
De nombreux contrats habitation incluent une assistance joignable jour et nuit pour un serrurier, un plombier ou la mise en sécurité du logement.
Néanmoins, une règle s’impose : ne mandatez jamais un prestataire de votre propre initiative.
En revanche, laissez l’assisteur missionner l’intervenant. Les frais engagés sans accord préalable risquent de rester à votre charge.
Le cas du vol et du cambriolage
Ce type de sinistre suit un ordre particulier, car la plainte conditionne l’indemnisation.
Rendez-vous d’abord au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer plainte. Les forces de l’ordre vous remettent un récépissé.
Ce document fait partie des justificatifs réclamés par l’assureur.
Ainsi, vous prévenez ensuite votre compagnie dans le délai de deux jours ouvrés, récépissé à l’appui.

Sous quel délai déclarer un sinistre habitation ?
Les délais varient selon l’événement, car chaque situation demande une gestion différente.
Tous découlent toutefois d’un même principe légal, qu’il convient de comprendre avant d’examiner chaque cas.
Le principe posé par l’article L113-2
Tout part de cette obligation inscrite dans le Code des assurances.
Selon l’article L113-2, l’assuré doit informer son assureur dès qu’il a connaissance d’un sinistre susceptible de déclencher une garantie, et au plus tard dans le délai prévu au contrat.
Ce délai légal constitue un minimum.
Par conséquent, votre contrat peut l’allonger, jamais le raccourcir.
Le compte à rebours démarre le jour où vous découvrez les dégâts, pas forcément celui où ils se produisent.
Un dégât constaté en rentrant de voyage se déclare donc à partir de votre retour.
Dégât des eaux : cinq jours ouvrés
C’est le sinistre habitation le plus courant, et son délai sert de référence.
Vous disposez de cinq jours ouvrés à compter de la découverte de la fuite ou de l’infiltration.
La déclaration se fait par téléphone, en agence, depuis votre espace client, ou par lettre recommandée avec accusé de réception.
Si un voisin est concerné, remplissez un constat amiable dégât des eaux avec chaque partie touchée. Pensez à conserver les biens abîmés pour l’expert.
Incendie : cinq jours ouvrés
Le délai rejoint celui du dégât des eaux, avec une exigence supplémentaire sur les preuves.
La déclaration intervient dans les cinq jours ouvrés suivant la constatation du sinistre.
Il vous revient d’établir la liste des biens endommagés, meubles comme éléments du logement.
Si l’incendie présente une origine criminelle, joignez le procès-verbal ou le récépissé de plainte remis par les autorités.
Vol et cambriolage : deux jours ouvrés
Ce délai, plus court, s’explique par la nécessité d’agir vite après une effraction.
Vous avez deux jours ouvrés pour signaler le vol à votre assureur, après le dépôt de plainte.
Ce délai débute dès le lendemain à zéro heure du moment où vous avez connaissance des faits.
Rassemblez tout ce qui prouve l’existence et la valeur des biens disparus : factures, photographies, bons de garantie.
Tempête, bris de glace et dommage électrique
Ces événements partagent le régime classique des sinistres habitation.
Pour une tempête, un bris de vitre ou un dégât causé par la foudre et une surtension, le délai reste de cinq jours ouvrés.
Des photographies des dommages et des devis de remise en état facilitent l’évaluation.
Là encore, attendez le passage de l’expert avant d’entreprendre les réparations définitives.
Catastrophe naturelle : trente jours après l’arrêté
Ce cas obéit à une règle particulière, récemment modifiée, qu’il faut connaître précisément.
La garantie se déclenche uniquement après la publication d’un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle au Journal officiel.
À partir de cette date, vous avez trente jours pour déclarer votre sinistre.
Ce délai était auparavant de dix jours. Il a été porté à trente jours depuis le 1er janvier 2023.
Beaucoup de pages en ligne affichent encore l’ancienne durée : fiez-vous au chiffre actuel.
Jours ouvrés ou jours ouvrables ?
Cette distinction prête souvent à confusion et influence le calcul réel du délai.
Les jours ouvrés désignent les jours d’ouverture de l’assureur, généralement du lundi au vendredi.
En revanche, on ne compte ni les samedis, ni les dimanches, ni les jours fériés ou chômés.
Un délai de cinq jours ouvrés débutant un jeudi vous mène donc, en pratique, au jeudi suivant.
Comment déclarer le sinistre, étape par étape
Une déclaration ordonnée accélère la prise en charge et limite les pièces manquantes.
Voici la marche à suivre, dans l’ordre logique.
- Sécurisez les lieux et limitez l’aggravation des dégâts, en fermant l’arrivée d’eau ou en bâchant une ouverture par exemple.
- Rassemblez les justificatifs : photographies, factures d’achat, devis de réparation, constat amiable si un tiers est impliqué.
- Contactez votre assureur par le canal de votre choix : téléphone, espace client, application, agence ou courrier recommandé avec accusé de réception.
- Transmettez les pièces demandées et notez le numéro de dossier qui vous est communiqué.
- Attendez l’expertise avant tout chantier définitif, tout en conservant les objets endommagés.

Que se passe-t-il en cas de déclaration tardive ?
Dépasser le délai n’entraîne pas systématiquement la perte de l’indemnisation.
La loi encadre les conséquences, et l’assureur dispose d’une marge d’appréciation.
La déchéance de garantie n’est pas automatique
Un retard ne ferme pas la porte à toute prise en charge.
Pour refuser l’indemnisation, l’assureur doit démontrer que la déclaration tardive lui a causé un préjudice réel, par exemple l’impossibilité de constater l’ampleur des dommages.
En l’absence d’un tel préjudice, la garantie reste due.
La pratique montre d’ailleurs une certaine souplesse des compagnies face aux retards non fautifs.
Les motifs légitimes recevables
Certaines circonstances justifient un dépassement et protègent vos droits.
Une hospitalisation, une absence prolongée, un cas de force majeure ou une découverte tardive des dommages constituent des motifs admis.
Dès lors, mieux vaut prévenir votre assureur dès que possible et expliquer la situation, justificatifs à l’appui.
Délai de déclaration et délai de prescription
Ces deux notions se confondent souvent, alors qu’elles répondent à des logiques distinctes.
Le délai de déclaration sert à prévenir l’assureur du sinistre.
Le délai de prescription, lui, fixe le temps dont vous disposez pour agir en justice contre la compagnie.
En matière d’assurance habitation, cette prescription est de deux ans, portée à cinq ans pour les catastrophes naturelles.
Une fois ce délai écoulé, l’action devient irrecevable.
Questions fréquentes
Voici les interrogations qui reviennent le plus souvent après un sinistre habitation, avec des réponses directes.
Qui doit déclarer le sinistre, le locataire ou le propriétaire ?
C’est l’assuré titulaire du contrat couvrant les dommages qui effectue la déclaration, même s’il n’est pas responsable du sinistre
Pour un dégât des eaux en location, le locataire prévient son propre assureur habitation.
Faut-il porter plainte avant de déclarer un vol ?
Oui. Le dépôt de plainte précède la déclaration.
Le récépissé remis par la police ou la gendarmerie figure parmi les pièces exigées par l’assureur.
La déclaration par téléphone suffit-elle ?
Un appel permet d’ouvrir rapidement le dossier.
Cependant, pour les sinistres importants, une confirmation écrite par lettre recommandée avec accusé de réception sécurise la preuve de la date.
Quels documents joindre à la déclaration ?
Réunissez la description du sinistre, sa date, la liste chiffrée des biens touchés, ainsi que les justificatifs de valeur : factures, photographies, devis, et le récépissé de plainte en cas de vol.
Peut-on encore déclarer un sinistre après le délai ?
C’est possible, surtout en présence d’un motif légitime. La déchéance suppose un préjudice prouvé par l’assureur. Une déclaration tardive reste donc à tenter, en expliquant les raisons du retard.
Combien de temps l’assureur a-t-il pour m’indemniser ?
Le délai d’indemnisation dépend de votre contrat et de la complexité du dossier.
Pour un sinistre simple sans expertise, la décision arrive vite. Pour suivre l’avancement ou relancer un paiement qui tarde, consultez notre guide dédié : Suivre ou relancer le remboursement d’un sinistre .
Sources et mise à jour
Les informations de cet article s’appuient sur des sources publiques officielles et restent soumises aux conditions générales de votre contrat, qui seules font foi.
Références : article L113-2 du Code des assurances ; fiches Service Public sur l’assurance dégâts des eaux, la catastrophe naturelle et la prescription en assurance habitation ; portails economie.gouv.fr et georisques.gouv.fr. Article vérifié et mis à jour en juin 2026.






